L'éco-conduite, est-ce vraiment efficace ?

L'éco-conduite, est-ce vraiment efficace ?

L'éco-conduite, voilà un thème qui est particulièrement d'actualité depuis plusieurs années. A l'heure où les pouvoirs publics cherchent par tous les moyens à diminuer le niveau de pollution de nos véhicules en mettant une pression considérable sur les constructeurs, les conducteurs ont également leur rôle à jouer dans la diminution de leur emprunte carbone. Quels sont les moyens possibles pour y parvenir ? Et ces méthodes sont-elles réellement efficaces ?


Les techniques d'éco-conduite

Réduire la consommation de carburant, réaliser des économies, diminuer les émissions de gaz à effet de serre, voilà quels sont les objectifs que l'on souhaite atteindre en adoptant les principes de l'éco-conduite. Un thème vaste dont l'idéologie commence à être connu car largement médiatisée. Faisons le point sur les dispositifs que cela implique au quotidien. 
Adopter une conduite à la fois écologique et économique, c'est avant tout du bon sens. Tout d'abord, il faut éviter les accélérations fortes, plus le moteur monte dans les tours, plus il consomme, c'est mathématique. D'où la nécessité de passer rapidement la vitesse supérieure, sans dépasser un régime moteur d'environ 2500 tours/min pour un moteur essence et approximativement 2000 tours/min pour un diesel.
Il est également conseillé d'anticiper au maximum les ralentissements, en utilisant autant que possible le frein moteur et en soulageant l'embrayage. Vous pouvez également réduire spontanément votre vitesse sur autoroute en la diminuant par exemple de 10 km/h.
Au quotidien, ne laissez pas votre moteur tourné au ralenti trop longtemps. Ne le laissez pas non plus préchauffer au démarrage, les moteurs modernes peuvent sans difficulté prendre immédiatement la route. Si vous disposez d'un système stop and start qui permet de couper le moteur en cas d'arrêt prolongé, il est préférable de l'utiliser. Il est vrai qu'un redémarrage consomme nécessairement plus de carburant mais on estime qu'un moteur coupé pendant une vingtaine de secondes suffit à réaliser une petite économie de carburant.

L'éco-conduite, est-ce vraiment efficace ?

Au-delà de ces techniques de conduite, il est possible d'agir sur d'autres points, notamment mécaniques. Ainsi, il est vivement conseillé de rouler avec des pneus gonflés selon les préconisations des constructeurs. De la même façon, un entretien régulier du moteur (changement des filtres, etc...) permet également de diminuer le niveau de consommation et de pollution. 
Au quotidien, ne surchargez pas votre véhicule avec des objets inutiles qui ont une influence non négligeable sur le poids et par conséquent sur la consommation ainsi que le niveau de CO2 et d'oxyde d'azote pour ne citer que ces deux polluants majeurs. Un dernier conseil lié à l'aménagement de votre voiture : évitez de laisser des barres de toit ou pire encore un coffre de toit car cela génère une résistance forte à l'air et donc une surconsommation non négligeable.
Enfin, l'usage de la climatisation engendre également une augmentation de la consommation qui peut aller, selon les modèles, jusqu'à un demi-litre aux 100 km. Nos véhicules sont souvent équipés de systèmes de climatisation automatique qui fonctionnent en permanence alors que, lorsque ce n'est pas nécessaire, ces derniers peuvent être désactivés.
 

Quel est l'impact de l'éco-conduite au quotidien ?

Respecter les consignes évoquées ci-dessus peut s'avérer contraignant au quotidien. Et surtout, le jeu en vaut-il la chandelle ? Pour s'en assurer, le mieux est encore de réaliser un test grandeur nature. Au volant d'une Fiat Panda équipée d'un petit moteur essence 1.2 de 69 ch, j'ai d'abord réalisé tous mes trajets quotidiens en adoptant une conduite normale. L'expérimentation a été réalisée sur un plein complet. Puis sur un second plein, j'ai effectué les mêmes parcours en veillant à respecter les conseils habituels d'éco-conduite.
Dans le premier cas, la consommation moyenne s'est élevée à 6 L/100 km, sur des trajets composés de 2/3 de route et 1/3 de ville. Dans la seconde situation, la consommation moyenne s'est élevée à 5.7 L/100 km dans des conditions météorologiques globalement similaires. Ainsi, avec une baisse de consommation de 0.3 L/100 km, le gain ne s'est élevé qu'à 5 %. On est un peu loin des 15 à 20 % de bénéfice annoncé ! Evidemment, ce chiffre est à relativiser : si vous avez une conduite sportive en temps normal, le gain sera automatiquement plus important...


En conclusion

A l'heure du bilan, le résultat est assez mitigé. Certes, il est possible de réaliser des économies de carburant et de respecter l'environnement en adoptant une éco-conduite, mais le bénéfice peut s'avérer beaucoup plus faible que celui annoncé officiellement. Si certains conducteurs finiront par modifier en profondeur leurs habitudes de conduite, d'autres pourront trouver cela contraignant dans la vie de tous les jours et finiront par baisser les bras. Et vous, avez-vous fait le test ?   

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